Les coopératives d’habitation menacées selon des membres [La Tribune - 7 mai 2026]

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Ce panneau est installé devant la Coopérative d’habitation de la Montagne sur la rue de Kingston pour dénoncer le projet de loi 20. (Jean Roy/La Tribune)

Une mère monoparentale de trois enfants craint une hausse de loyer dans la coopérative d’habitation où elle réside. Elle redoute aussi le départ possible de ses voisins. Un projet de loi du gouvernement provincial est à l’origine de ses inquiétudes.#

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Émilie Dugré habite avec ses trois enfants dans une coopérative d’habitation à Sherbrooke. (Élodie Drolet/La Tribune)

Émilie Dugré habite à la Coop d’habitation Les Enfants terribles depuis sept ans. Il s’agit d’un immeuble à logement, géré de façon autonome et démocratique par ses locataires. On en compte une cinquantaine en Estrie. Comme les coopératives ne visent pas le profit, elles offrent généralement des loyers plus abordables.

Un projet de loi critiqué#

Le projet de loi 20 (PL20), déposé en février par la ministre de l’Habitation de l’époque, Caroline Proulx, suscite de vives critiques.

Il propose de modifier le mode de gestion des coopératives d’habitation et d’imposer une contribution financière supplémentaire aux locataires dont les revenus dépassent un certain seuil.

L’objectif est d’améliorer l’accès à ce type de logement pour les personnes à faible revenu.

Mme Dugré voit la mixité actuelle des membres comme un atout. «On a dans les coops des étudiants, des familles monoparentales, des aînés... on a donc différents profils de personnes avec différents types de revenus», dit-elle. «Il y a beaucoup d’entraide, d’échanges de compétences, d’apprentissages...»

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Mokhtar Saada, directeur général par intérim de la Fédération des coopératives d’habitation de l’Estrie (FCHE). (Jean Roy/La Tribune)

Si le PL20 fait autant réagir, c’est aussi qu’il fragilise les piliers du modèle coopératif, selon le directeur général par intérim de la fédération des coopératives d’habitation de l’Estrie (FCHE), Mokhtar Saada.

«Les résidents ne sont pas de simples locataires, mais des membres impliqués dans la gestion», explique M. Saada. Il craint que l’arrivée de personnes moins engagées nuise à la dynamique interne. Il souligne aussi l’importance du droit des membres actuels à rester dans leur logement à long terme.

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Le code QR sur cette affiche, devant les coopératives d’habitation de la Montagne, mène à une pétition de l’Assemblée nationale demandant le retrait d’une partie du projet de loi. (Jean Roy/La Tribune)

Un panneau installé sur la rue de Kingston témoigne du mécontentement des résidents de la coopérative de la Montagne, située juste derrière.

La nouvelle ministre réfléchit#

Karine Boivin-Roy, nouvellement nommée ministre de l’Habitation, dit prendre le temps de rencontrer les différents acteurs du milieu et d’analyser l’ensemble des paramètres du projet de loi.

«J’ai déjà eu l’occasion d’échanger avec des représentants de coopératives, qui m’ont fait part de certaines réserves. J’en prends acte et ces préoccupations alimentent ma réflexion. Je souhaite m’assurer que les mesures proposées soient bien arrimées aux réalités du terrain et contribuent concrètement à améliorer l’accès au logement partout au Québec.»

—  Karine Boivin Roy, ministre de l'Habitation et députée d'Anjou–Louis-Riel

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Coopérative d’habitation de la Montagne. (Jean Roy/La Tribune)

La solution selon les coops?#

Le directeur général de la FCHE pense qu’il faut construire davantage de logements abordables. «Pourquoi sortir des gens qui sont déjà dans un système qui fonctionne pour les mettre dans la rue? On veut créer de la précarité, ce n’est pas logique. Au lieu de produire des solutions», indique-t-il.